Futurs ACT

Enjeux Estuaire de la Gironde - une demi-journée de réflexion

Organisée par le SMIDDEST, la Régie de l’Eau Bordeaux Métropole (DRITE) et l’Université de Bordeaux, cette demi-journée de réflexion sur l’estuaire de la Gironde s’est tenue le 17 octobre 2025 à Pessac. 

De nombreux organismes y ont participé, comme le R3 Futurs-ACT, le R3 Naïades, le R3 Rivages, le Grand Port Maritime de Bordeaux, l’INRAE, Bordeaux Métropole, GEMAPI et d’autres encore. 

Plusieurs priorités communes ont été mises en avant :

  • La préservation des écosystèmes ; 
  • Le partage et mutualisation des données ; 
  • Une réflexion prospective plus poussée et un travail approfondi sur les prévisions climatiques ; 
  • Les trajectoires d’adaptation à co-construire ; 
  • Une gouvernance collaborative et décloisonnée.

Afin de créer une communauté forte et dynamique autour de l’estuaire, une source d’inspiration a été le travail déjà réalisé autour de l’estuaire de la Seine, avec la création du GIP Seine Aval. Le fonctionnement de cet organisme illustre l’intérêt d’une structure dédiée au suivi, à la recherche et à la coordination entre acteurs (financement mutualisé, données partagées, modélisation).

Ces réflexions ont mené à la volonté de créer un « site atelier » estuarien girondin. 
Il a été décidé l’organisation d’une journée de travail au printemps 2026 pour poursuivre la dynamique commune.

L’objectif général est de mettre en place une communauté de partenaires autour des enjeux transversaux de l’estuaire de la Gironde, afin de :

  • Favoriser la coopération entre acteurs publics, scientifiques et industriels ;
  • Éviter les initiatives parallèles ;
  • Structurer un espace d’échanges et de prospective sur les thématiques eau, sédiments, biodiversité, et adaptation au changement climatique.

Détails sur la demi-journée de réflexion

La demi-journée s’est articulée autour de trois étapes :

  1. Une présentation générale de certains paramètres liés à l’estuaire par le SMIDDEST (par Jean-Luc Trouvat), le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB, par Julien Mas), la Régie de l’Eau de Bordeaux Métropole (par Françoise Goulard) et GEMAPI (par Cécile Calas). 
  2. Trois ateliers de réflexion autour de trois sujets :
    1. La qualité de l’eau (atelier auquel le R3 Rivages) ;
    2. La quantité d’eau (atelier auquel Futurs-ACT et le R3 Naïades ont participé) ; 
    3. Les écosystèmes estuariens.
  3. Un retour d’expérience par Nicolas Bacq sur l’estuaire de la Seine.

1. Présentation générale de l'estuaire et de ses enjeux

Contexte et enjeux généraux autour de l’estuaire
(par Jean-Luc Trouvat, SMIDDEST)​

L’estuaire de la Gironde est une zone de transition entre eaux douces et salées, avec des écosystèmes spécifiques (8 espèces de poissons migrateurs, zones humides, biodiversité riche).

Enjeux majeurs :

  • Fragilité écologique liée aux activités humaines (pollutions chimiques, sédiments, bouchon vaseux).
  • Vulnérabilité accrue aux submersions marines et à l’érosion.
  • Évolution sédimentaire rapide, impactant les milieux naturels et les activités économiques.

Besoin d’un suivi intégré et d’une vision à long terme face au changement climatique.

Le Grand Port Maritime de Bordeaux
(par Julien Mas, GPMB)

Activités :

  • 7 terminaux de Bordeaux au Verdon,
  • 6,4 Mt/an de marchandises,
  • 27 000 t CO₂/an,
  • 8 600 emplois,
  • 900 M€ de valeur générée,

Impacts des activités du GPMB :

  • Port de commerce :
    • dragage pour l’entretien des chenaux de navigation.
  • Port aménageur, deux grandes missions :
    • aménagement de la zone terrestre, le foncier urbain, portuaire, industriel, agroenvironnemental,
    • entretien et développement de nos infrastructures : quais, voies ferrées, gares.
  • Port prestataire de services :
    • assécher les bateaux,
    • port de plaisance,
    • services fournis aux tiers,
    • dragages dans l’estuaire pour d’autres besoins et des campagnes à l’extérieur,
    • et les services innovants, les jumeaux numériques par exemple, 
    • services environnementaux : gestionnaires et aménageur, gestion avec le conservatoire du littoral…

Révision du projet stratégique avec cinq engagements majeurs : 

  1. Climat et énergie : sobriété vis-à-vis des ressources ; 
  2. Nuisances ; 
  3. Biodiversité et écosystèmes ; 
  4. Santé et sécurité ; 
  5. Influence et développement.

Objectif : devenir acteur de la transition environnementale, notamment via la gestion des sédiments et les jumeaux numériques.

Le Grand Port Maritime de Bordeaux
(par Julien Mas, GPMB)​

Créée en 2023 pour reprendre la gestion publique de l’eau (décision de 2020).

Missions :

  • Eau potable, industrielle et assainissement.
  • Recherche et innovation pour la transition écologique et la résilience territoriale.

Enjeux :

  • Traitement des polluants (carbone, azote, phosphore, micropolluants).
  • Impact des rejets en période d’anoxie dans l’estuaire.
  • Eau industrielle d’Ambès : réutilisation d’eau estuarienne non potable → forte dépendance à la marée et au bouchon vaseux.

Risque de pénurie future d’eau industrielle à cause du changement climatique.

GEMAPI
(par Cécile Calas)

Quatre axes stratégiques :

  1. Endiguement,
  2. Restauration écologique,
  3. Gouvernance,
  4. Communication citoyenne.

Objectif 2050-2100 : anticiper la montée des eaux, restaurer les milieux aquatiques et améliorer la continuité écologique.

2. Les ateliers thématiques

Gestion quantitative de l’eau​

Enjeux :

  • Diminution des débits d’étiage (−40 % d’ici 2100).
  • Impacts sur les dragages, la navigation, les prises d’eau industrielles et agricoles.
  • Interaction amont/aval : besoin de coordination sur les prélèvements et soutiens d’étiage.

Besoins :

  • Vision prospective et intégrée (modèles, scénarios climatiques).
  • Partage et mutualisation des données hydrologiques.
  • Adaptation des usages (centrale du Blayais, industries, agriculture).

Qualité de l’eau

Enjeux :

  • Pollution chimique et organique (pesticides, métaux, anoxie estivale).
  • Rôle du bouchon vaseux dans la rétention des polluants.
  • Lien fort entre quantité et qualité (débits faibles → concentration accrue).

Besoins :

  • Amélioration de l’épuration (stations d’épuration, rejets industriels).
  • Partage des données entre chercheurs et gestionnaires.
  • Indicateurs communs pour le suivi.
  • Gouvernance intégrée et actions opérationnelles à court terme

Écosystèmes estuariens 

Enjeux :

  • Préservation et restauration des habitats (zones humides, présalés, berges).
  • Impacts du CC sur la biodiversité et la salinité.
  • Reconnaissance du caractère socio-écosystémique de l’estuaire.

Besoins :

  • Acquisition et partage des données écologiques et morphologiques.
  • Meilleure articulation entre amont et aval.
  • Diffusion des connaissances et sensibilisation des acteurs.

Synthèse des priorités communes

Cinq axes partagés ressortent de la réunion :

  1. Préservation des écosystèmes
  2. Partage et mutualisation des données
  3. Prospective et prévision (modélisation, climat, usages)
  4. Trajectoires d’adaptation à co-construire
  5. Gouvernance collaborative et décloisonnée

3. Retour d'expérience : Estuaire de la Seine (Nicolas Bacq)

Enjeux similaires à ceux de l’estuaire de la Gironde :

  • Salinisation,
  • Remontée du bouchon vaseux,
  • Pollutions,
  • Perte d’habitats.

Création d’un Groupement d’Intérêt Public (GIP) en 2004, avec 12 financeurs (dont Région et Agence de l’eau).
Ce GIP  a permis une mutualisation des données, la réalisation de modélisation hydraulique, et la mise en place d’une restauration écologique.

Les bénéfices de ce groupement : une meilleure coordination des acteurs, une cohérence des suivis et un transfert facilité des résultats vers les décideurs.

→ Cela en fait un modèle inspirant pour l’estuaire de la Gironde et la Région Nouvelle-Aquitaine.